Quelle différence entre vegan et végétalien ?

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Un végétalien et un vegan mangent de la même façon : aucun aliment d’origine animale, ni viande, ni poisson, ni œufs, ni produits laitiers, ni miel. La différence est ailleurs. Le végétalisme est un régime alimentaire, alors que le véganisme est un mode de vie qui écarte aussi les animaux des vêtements, des cosmétiques et des loisirs. Quant au végétarien, il exclut la chair animale mais consomme en général des œufs et des produits laitiers.

Végétarien, végétalien, vegan : trois mots, trois périmètres

Le dictionnaire Larousse donne trois définitions bien distinctes :

  • le végétarisme est un « régime alimentaire excluant toute chair animale (viande, poisson), mais qui admet en général la consommation d’aliments d’origine animale comme les œufs, le lait et les produits laitiers » ;
  • le végétalisme est un « régime alimentaire excluant tout aliment d’origine animale » ;
  • le véganisme est un « mode de vie alliant une alimentation exclusive par les végétaux (végétalisme) et le refus de consommer tout produit (vêtements, chaussures, cosmétiques, etc.) issu des animaux ou de leur exploitation ».

Le tableau suivant résume ce que chaque mot laisse dans l’assiette et en dehors.

VégétarienVégétalienVegan
Viande et poissonnonnonnon
Œufs, lait, fromageen général ouinonnon
Mielle dictionnaire ne tranche pasnonnon
Cuir, laine, soiela définition n’en parle pasla définition n’en parle pasnon
Cosmétiques d’origine animale ou testésla définition n’en parle pasla définition n’en parle pasnon

Autrement dit, tout vegan mange végétalien, mais un végétalien n’est pas forcément vegan : rien dans la définition du végétalisme ne l’empêche de porter un pull en laine.

D’où vient le mot vegan, et ce qu’il recouvre depuis 1944

Le mot vient d’Angleterre. Selon la Vegan Society, Donald Watson a réuni en novembre 1944 cinq autres végétariens qui ne consommaient pas de produits laitiers, et le groupe a fondé l’association. Il cherchait un mot plus court que « végétariens sans produits laitiers » : ce fut « vegan », formé, d’après Donald Watson, des trois premières et des deux dernières lettres de « vegetarian ».

La définition est venue ensuite. En 1949, Leslie Cross a fait remarquer à l’association qu’elle n’avait pas encore défini le véganisme. La formulation actuelle est en usage depuis l’hiver 1988. La Vegan Society y décrit le véganisme comme une philosophie et un mode de vie qui cherche à exclure, autant que possible et praticable, toute forme d’exploitation des animaux et de cruauté envers eux, pour l’alimentation, l’habillement ou tout autre usage. Sur le plan alimentaire, elle précise qu’il s’agit de se passer de tout produit dérivé entièrement ou en partie des animaux.

La même association détaille ce que les vegans ont en commun : une alimentation sans viande (poissons, crustacés et insectes compris), sans produits laitiers, sans œufs et sans miel, mais aussi le refus des matières d’origine animale, des produits testés sur les animaux et des lieux qui utilisent des animaux pour le divertissement.

Laine, cuir, carmin : là où le vegan dépasse le régime alimentaire

C’est hors de l’assiette que les deux mots se séparent. Quelques exemples concrets de ce qu’un vegan regarde en plus :

  • les vêtements : le règlement européen sur l’étiquetage des textiles définit la laine comme la fibre de la toison du mouton et la soie comme une fibre produite par des insectes. Ces noms figurent en toutes lettres sur l’étiquette de composition ;
  • le cuir : en France, le décret n° 2010-29 réserve ce mot au produit obtenu à partir de la peau d’un animal. Un « cuir végétal » n’est donc pas une appellation recevable, comme le gouvernement l’a confirmé en 2021 ;
  • les cosmétiques : le carmin, colorant rouge noté CI 75470 sur les étiquettes de maquillage, est obtenu à partir de la cochenille, un insecte. La Vegan Society indique qu’on le trouve aussi sous le code E120 ;
  • les tests sur les animaux : dans l’Union européenne, la mise sur le marché de cosmétiques testés sur les animaux est interdite depuis le 11 mars 2013, ce qui vaut pour tout le maquillage et tous les soins vendus en Europe.

Pour s’y retrouver dans ces univers, notre sélection réunit des vêtements vegan, des chaussures vegan et des cosmétiques vegan, en plus de l’épicerie vegan.

Repérer un produit vegan, et pas seulement végétalien

Sur un emballage, ce sont les labels qui apportent une garantie vérifiable. Le Vegan Trademark de la Vegan Society exige qu’aucun produit, sous-produit ou dérivé animal n’intervienne dans la fabrication ou le développement du produit et de ses ingrédients, et qu’aucun test sur les animaux n’ait été mené. Ce label couvre bien plus que l’alimentation : l’association cite l’alimentation et les boissons, la mode, les emballages ou les articles pour la maison.

À l’inverse, la mention « cruelty free » ne dit rien de la composition. La Vegan Society rappelle qu’elle signifie seulement que la marque ne teste ni ses ingrédients ni ses produits finis sur les animaux, ce qui ne garantit pas qu’ils conviennent aux vegans.

En pratique, le mot « végétalien » sert surtout pour parler de ce que l’on mange, et le mot « vegan » pour une façon de consommer dans son ensemble. Les deux ne s’opposent pas : le second englobe le premier.

Camille
Camille

Cuisine vegan au quotidien.

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